Me voilà de retour à Strasbourg, la ville qui m’a vu grandir pendant près de 20 ans, et accessoirement chez ma mère, pour y reprendre mes études et entamer une reconversion professionnelle.

Ça, c’est pour le contexte… mais la chose vraiment importante en cette rentrée, c’est qu’une box de crossfit (CrossFit Strasbourg) a déménagé ses locaux à quelques pas de chez nous !

Il est vrai que l’idée de tester cette activité me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà. On en parle sur internet, c’est LA nouvelle tendance fitness à la mode, etc. Mais c’est quoi, en pratique, le crossfit ? De mes lectures personnelles et des vidéos que j’ai pu voir, ce qui m’attire dans cette discipline c’est l’idée de progresser et d’acquérir des compétences « fonctionnelles » utiles dans la vie de tous les jours : souplesse, endurance, agilité, force, puissance,… tout y passe !

Il faut dire qu’après un an à côtoyer les appareils de fitness et de musculation en salle, je me suis un peu lassée des entraînements « classiques » découpés en séries et répétitions. Et après un mois du fameux programme extrême DissWeight, j’ai repris confiance en mon corps et en son potentiel, si bien que je me sens prête à relever de nouveaux challenges sportifs !
Je décide donc de franchir le cap et d’aller à la rencontre de ces nouveaux « voisins ». Une once de nostalgie m’envahit d’abord à mesure que je me rapproche de l’entrée de la box et me remémore les innombrables parties de cache-cache dans ces vieux hangars de la gare aux marchandises de Strasbourg Cronenbourg quand j’étais enfant, bien avant qu’ils ne soient récemment réhabilités en clubs de football en salle, vélo en salle et crossfit.

gare_de_strasbourg_cronenbourg
La gare marchandises de Strasbourg – Cronenbourg

L’entrée de la box CrossFit Strasbourg donne directement sur une sorte de salle d’accueil et sur le comptoir des coaches. Plusieurs personnes, que j’imagine novices également, ont l’air d’attendre le début de la séance d’initiation. La box est gigantesque ! De notre « salle d’attente » de fortune, on a vu sur les trois espaces d’entrainement disponibles et sur les adhérents qui s’entrainent à ce moment. Même pour une sportive non débutante telle que moi, c’est assez impressionnant : par petits groupes, certains font des pompes tandis que d’autres font des tractions plus ou moins acrobatiques. Tous sont concentrés, précis dans leurs mouvements et dans leur technique… et en sueur (calooooor) ! Dans ce lot d’athlètes, j’aperçois des femmes qui s’entrainent, s’aidant d’un élastique pour effectuer leurs tractions ou soulevant des charges impressionnantes en squats. Il y a du niveau ! (et moi, qu’est-ce que je fais là ?!)

Deux coaches se présentent finalement à nous. Loïc, le fondateur de CrossFit Strasbourg, et Mathieu. Apparemment, nous sommes tellement nombreux ce soir que deux séances d’initiation vont avoir lieu en parallèle. C’est Mathieu qui va s’occuper des participants au cours d’initiation #1 dont je fais partie. Il nous explique que le pack de cinq séances d’initiation proposées par la box (au prix de 50€) sont un rite de passage obligatoire afin d’apprendre et maîtriser les techniques des cinq mouvements de base en crossfit, à savoir (et en anglais pour avoir la classe !) : le squat, les pull-ups (tractions), le deadlift (soulevé de terre), les dips et enfin le clean (épaulé), avant de pouvoir participer aux entraînements « classiques ».

squats
Le squat
pull-ups
Les pull-ups
deadlift_2
Le deadlift
dips
Les dips
clean
Le clean

 

 

Pour nous, aujourd’hui, ce sera le squat (au feu les pompiers, mes fesses vont brûler !). Avant de commencer, on nous explique le principe de déroulement d’une séance de crossfit avec les termes anglophones qui vont bien :

  1. Le « warm-up » : comprenez l’échauffement
  2. Le « mobility », ou exercice de mobilité, est l’étirement ou le massage d’un muscle dans le but de gagner en amplitude pour la suite de la séance
  3. Le « skill », ou travail technique sur un ou plusieurs mouvements complexes
  4. Le « WOD » (pour « Work-Out of the Day ») ou « MetCon » (pour « Metabolic Conditioning »): le coeur de la séance de crossfit, où l’on enchaine un certain nombre imposé de répétitions de différents exercices dans un temps imparti ou en un minimum de temps. En gros, cette partie de l’entrainement vise à améliorer la capacité d’une personne à soutenir un effort intense malgré la fatigue.

Pendant le warm-up, Mathieu enrichit également notre culture en nous expliquant les origines de la discipline (c’est la minute culture!). Le crossfit vient de « cross fitness » (entrainement croisé, en français) et a été fondé aux Etats-Unis dans les années 70 par Greg Glassman dans le but d’améliorer l’entrainement des forces spéciales américaines en proposant une méthode polyvalente et efficace, combinant la force athlétique, l’haltérophilie, la gymnastique et l’endurance (je ne manquerai pas de replacer tout ça dans ma prochaine conversation sur le crossfit mouhahaha !).

Pour la suite de l’entrainement, Mathieu nous laisse le choix entre des tubes en plastique très légers ou, pour les plus téméraires, les barres olympiques de 20kg (pour les bonhommes) et 15kg (pour les ladies… ah oui quand même !). Ce soir, je serai la seule débutante femme à affronter la barre d’entrée de jeu (même pas peur !). Malgré ça, le reste de la séance sera assez facile pour moi car les squats n’ont plus vraiment de secret pour moi et je terminerai mon premier WOD de 8 minutes fatiguée, en sueur mais avec le sentiment du devoir accompli. A la fin, tout le monde se « checke » pour se féliciter et chacun repart avec ses impressions.

Deux jours plus tard, je retourne à la box pour effectuer une nouvelle séance d’initiation dédiée, cette fois-ci, aux pull-ups. Pas moyen de faire la maline aujourd’hui : je ne sais pas faire de tractions ! J’écoute attentivement les explications de Geoffroy et François, les deux coaches qui nous supervisent pour mieux nous observer, nous corriger et nous conseiller. Il existe trois différents types de tractions en crossfit :

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Les pull-ups strictes, où l’on peut utiliser un élastique pour faire contre-poids et faciliter la montée
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Le kipping, où l’on effectue un mouvement de balancier volontaire et guidé par les épaules avant de pousser la poitrine contre la barre
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Le toes to bar, dont le but est, comme son nom l’indique, de ramener ses orteils au niveau de la barre de tractions

Malgré les conseils et encouragements d’un novice un peu moins débutant que moi, les pull-ups strictes (avec élastique pour faire contre-poids hein, faut pas déconner !) ont représenté un assez gros challenge pour moi ! Sur cette simple séance, je pense que chacun a tout de même réalisé près d’une cinquantaine de tractions à son niveau maximal de difficulté. Pour ma part, j’ai même laissé un petit bout de main en souvenir sur la barre…

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Premières tractions… et première blessure de guerre !

Le lendemain matin, j’effectue ma troisième et dernière séance d’initiation de la semaine. Je ne sais d’ailleurs pas si c’est une très bonne idée car je sens déjà les courbatures de la veille. Pour ne pas aider, j’attaque la séance d’initiation la plus complexe qu’il est conseillé d’effectuer en dernier car elle demande de maîtriser les autres séances. Oui, d’accord… mais que voulez-vous… je veux finir les initiations au plus vite ! Bref, après un échauffement à la corde à sauter (et un échec cuisant pour moi puisque je ne sais pas sauter à la corde hum hum…), nous voilà partis pour la séance spéciale « clean ». Le clean, ou épaulé, est un mouvement polyarticulaire d’haltérophilie qui suppose une bonne maîtrise du squat et du soulevé de terre.

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Le clean

Surtout, n’imaginez pas qu’on nous a à tous donné une barre olympique et des disques pour réaliser nos premiers cleans ! Loin de là ! Comme lors de la séance de squats, nous avons commencé par apprendre et comprendre le mouvement (ou plutôt les mouvements) du clean avec des tubes en plastique (oh les petits joueurs…), puis avec les barres de 20kg ou 15kg non lestées. Après la partie théorique et technique de maitrise du clean, place au WOD : 50 sauts à la corde (ou pas…), 40 « ball to wall », 30 push ups (pompes), 20 burpees et 10 pull ups (non non, toujours avec mon élastique) à réaliser en 10 minutes maximum, ou comment s’achever littéralement !

Deux jours après ma dernière séance d’initiation, mes dorsaux sont toujours horriblement courbaturés (merci les tractions…) ! Mais qu’importe, j’ai vraiment apprécié les séances, leur intensité et leur difficulté, l’accompagnement et le coaching par des professionnels sympathiques, ainsi que l’esprit d’équipe qui règne dans cette salle. Je n’ai qu’une hâte (enfin deux, si on compte la disparition de mes courbatures !), c’est de terminer au plus vite mes deux dernières séances d’initiation obligatoire afin de pouvoir attaquer les vraies séances de crossfit !

Affaire à suivre…

Sportivement vôtre,

Mel DW

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