Depuis son indépendance en 1961, l’Afrique du Sud garde un goût amer en bouche. Afin d’éviter des conflits internes, Nelson Mandela n’a cessé d’appeler à la paix et à la cohabitation. Le peuple, fatigué par plus de 40 ans d’apartheid et gorgé de l’optimisme de Madiba, a accepté de croire à un melting pot.

Cependant, plus de 50 ans plus tard, l’écart entre les noirs et les blancs demeure très important. Des conséquences de l’apartheid que le président actuel qualifie de « pêché originel« .

Nous allons aborder ce problème et nous ferons en sorte de trouver une solution définitive. Ce pêché originel commis, lorsque notre pays fut colonisé, doit être résolu de sorte à ce que l’Afrique du Sud puisse aller de l’avant. – Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud.

 

 

Élu président de l’Afrique du Sud le 14 février 2018, Cyril Ramaphosa ne souhaite pas faire dans la romance. D’après lui, pour oublier le passé, il faut réparer les erreurs du passé et non simplement les enterrer. Il souhaite ainsi, accélérer le processus de retrait, sans compensation, des terres détenues par des blancs au profit des noirs. Une mesure lancée par le parti d’extrême gauche, Economic Freedom Fighters (EFF), et votée à 241 voix contre 83.

Nous devons restorer la dignité de notre peuple sans dédommager les criminels qui nous ont volé nos terres. – Julias Malema, leader du EFF

Selon le leader du Freedom Front Plus, Pieter Groenewald, cette mesure causerait des « conséquences imprévisibles au détriment des intérêts de l’Afrique du Sud ». Comme le rappellent les critiques, une politique similaire avait été soldée par un échec au Zimbabwé et certaines terres, confiées à des noirs prometteurs, n’ont pas survécu à la transition.

Par ailleurs, l’organisation non gouvernementale sud-africaine de défense des droits civiques, AfriForum, considère qu’il s’agit d’une violation des termes conclus à la fin de l’apartheid. Le directeur adjoint de l’organisation va jusqu’à qualifier la mesure de « vol raciste« .

 

Néanmoins le président et homme d’affaires assure que la transition se fera dans les meilleures conditions afin de permettre de renforcer le développement économique national, de créer de l’emploi et de réduire les inégalités sociales.

D’après une étude du gouvernement menée en 2017, 72% des terres exploitables appartiendraient à des blancs. Une différence non encourageante quand on sait qu’à la fin de l’apartheid le taux de possession des blancs étaient à 85%.

Le temps de la réconciliation est passée, c’est désormais le temps de la justice… Il s’agit de notre dignité. Nous ne cherchons pas à nous venger… Tout ce que notre peuple a toujours voulu c’est notre terre dans laquelle se trouve les racines et les fondations de notre dignité. – Julius Malema, leader du EFF

 

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