Je me souviens dans mes premières années au Burkina-Faso, une chanson populaire disait « Ouagadougou sans char [moto], c’est la galère ». Aujourd’hui en France, il en est de même avec les voitures. Que ce soit pour faire les courses, déposer les enfants à l’école, se rendre au travail ou même en soirée, la voiture est devenue un élément indispensable de notre quotidien.

Afin de mieux épouser nos besoins, l’industrie ne cesse de se réadapter. De la berline à la familiale en passant par le cabriolet, la voiture change constamment de forme. Aujourd’hui même si nous sommes à l’ère de l’écologie et du petit budget, il est très souvent difficile d’allier les deux.

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C’était sans compter sur le partenariat de Polymaker et XEV. Une fusion entre une entreprise chinoise de fabrication de matériaux imprimés en 3D et un concepteur de voitures italien qui a donné naissance à la LSEV.

Il s’agit de la première voiture imprimée en 3D, électrique, produite en masse, au monde. Sa sortie est prévue pour 2019 mais nous en avons déjà eu quelques aperçus lors de la conférence de presse qui s’est tenue au Musée Culturel de l’Impression 3D à Shanghai.

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Un véritable trio gagnant, elle ne prendra que 3 jours à imprimer, ne pèsera que 450 kilos environ et coûtera moins de 10.000 euros à l’achat. Pour obtenir un prix aussi bas, les concepteurs ont du réduire le nombre de composants plastiques qui seront dans le véhicule. Ils sont passés de 2000 à seulement 57 éléments. Au delà de la victoire écologique, ce processus d’impression 3D permet d’obtenir une production plus rapide et moins coûteuse. Hormis le châssis, les sièges et les vitres, toutes les parties visibles sont imprimées en 3D.

Cependant, si elle est pratique en ville car elle est électrique et facile à garer, de par sa taille, il faudrait savoir que sa vitesse maximale tourne autour des 70km/h et qu’avec une charge complète elle ne fera que 150 km environ.

Plus de 7,000 commandes ont déja été passées en attendant sa sortie en 2019. Les deux entreprises sont très enthousiastes quand à l’impact technologique que cette voiturepourrait avoir sur la production automobile et même sur la production industrielle en générale.

« Ce partenariat stratégique entre XEV et Polymaker ouvre la voie à une révolution de la production automobile… Il est possible que des changements similaires, liés à l’impression 3D, s’opèrent dans tous les aspects de la production industrielle d’ici peu » – la société Polymaker

Si les investisseurs et les fans de nouvelles technologies sont optimistes, pour les salariés il s’agit d’une nouvelle angoisse quant à leurs emplois. Auparavant, l’impression 3D ne servait qu’à concevoir des prototypes avant la construction classique de la voiture réelle. Désormais elle s’invite dans les ateliers et réduit énormément le besoin de main d’oeuvre et d’emplois.

Les investisseurs ont certainement de quoi être ravis. Grâce à l’impression 3D, Volkswagen Autoeuropa, par exemple, avait réduit le coût de fabrication de ses protecteurs de jantes de 800 euros en sous-traitance à 21 euros en impression 3D directe. Les délais avaient été également réduits de 10 jours. Grâce à ce processus de création en atelier, l’entreprise a réalisé des économies de 150.000 euros en 2016 et estime faire plus du double en 2017.

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Le secteur automobile représente 16% du chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière française et emploie plus de 440.000 personnes dont près de la moitié sont des constructeurs, motoristes et équipementiers, carrosiers ou aménageurs qui pourraient voir leurs postes réduire drastiquement en nombre.

Même si la transition ne se fera pas en un jour et que certains salariés pourront se réadapter et se former à ces nouveaux process, l’industrie automobile du futur aura sans doute moins besoin de main d’oeuvre que celle actuelle.

Une fois de plus, l’avancée technologique réveille des inquiétudes profondes quant au remplacement de l’homme par la machine. C’est à se demander, ce que deviendront les ouvriers de demain.

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