Il y a quelques jours, je suis tombée sur un article de FranceInfo expliquant la polémique autour de la première maison close de poupées située à Paris.

Le lieu de plaisirs s’appelle Xdolls et propose de la location de poupées à « utiliser » sur place ou à emporter. Les poupées peuvent louées à des fins sexuelles pour la modique somme de 89€ l’heure.

Les clients pourront satisfaire leurs envies avec une poupée à taille humaine (allant d’1m45 à 1m68) et aux formes assez généreuses.

Trois différentes dolls sont mises à disposition dans des pièces discrètes à la lumière tamisée, tout cela en musique, afin de proposer une ambiance intime. giphy.gifXdolls, un appartement de 70m2, se trouve dans 14e arrondissement mais le lieu exact est tenu secret avant inscription. 20minutes.fr vous propose une petite visite, une sorte d’amuse bouche si l’expérience vous tente.

Xdolls a ouvert le 1er février dernier et a suscité de nombreuses réactions.

En effet, le président du groupe communiste – Front de Gauche au Conseil de Paris, Nicolas Bonnet Oulaldj, trouve que le lieu « véhicule une image dégradante de la femme » et le définit comme « un lieu de prostitution avec un propriétaire pouvant être assimilé à un proxénète ». Lui et les élus du groupe ont déposé un vœu au Conseil de Paris afin d’interdire le lieu.giphy (1).gifDe plus, l’avocate et porte parole du Mouvement du Nid, une association qui a pour but d’agir sur les causes et les conséquences de la prostitution en vue de sa disparition, Lorraine Questiaux déclare : «qu’en France, chaque année, ce sont 86 000 femmes violées». Pour elle, « Xdolls n’est pas un sex-shop. C’est un endroit qui génère de l’argent et où on simule le viol d’une femme ». L’association va elle aussi « interpeller le préfet ». Il est également reproché au propriétaire, Joachim Lousquy, d’avoir enregistré son commerce en tant que « maison de jeux ».

D’un autre côté, certains estiment que cette polémique est un non-sujet, comme par exemple la réalisatrice féministe Ovidie, qui donne son avis dans plusieurs tweets :

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Elle n’est pas la seule d’ailleurs. Thierry Schaffauser, auteur de l’article Poupées sexuelles, le ridicule ne tue pas, la prohibition si !  pense que les politiques amalgament les êtres humains et les objets et que, pendant ce temps, ils n’en font pas assez pour les travailleurs et travailleuses du sexe.giphy (2).gifPersonnellement, je trouve que l’envie de prohiber le lieu est tout à fait abusive. Les poupées et les sextoys ne viennent pas d’apparaître et ne choquaient pas grand monde jusqu’à maintenant.

Ce qui est inédit ici, c’est l’ouverture d’un lieu où les clients pourront se satisfaire à défaut de le faire tranquillement à la maison. En même temps, faute d’intimité, je peux comprendre que certains trouvent cette idée géniale.

De plus, personnifier un objet sexuel me paraît assez simpliste. La majorité des femmes ne veulent pas être prises pour des objets sexuels, certes, mais en même temps verraient leur image dégradée par de simples poupées?

Si le lieu est comparé à une maison close, ce sont les prostituées qui seraient les premières concernées quant à la comparaison.

Et même si c’était le cas, je ne pense pas qu’elles iraient se plaindre de l’image dégradante que les poupées peuvent dégager, mais peut être d’une possible perte de clients. Ce qui, pour ma part, ne risque pas d’arriver. Les clients d’une travailleuse du sexe ne cherche pas seulement du sexe mais également une interaction humaine, une réalisation de fantasmes…etc ce que ne peut apporter une poupée, en tout cas pour l’instant.

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A vous maintenant de réagir sur cette polémique et nous dire ce que vous pensez de l’ouverture de ce genre d’endroit? Trouvez-vous qu’il est légitime de demander la prohibition de ce lieu car il dégraderait l’image de la femme?

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