Qui n’est pas au courant de l’explosion du mouvement #MeToo à travers le monde suite à l’affaire d’Harvey Weinstein ? PERSONNE ! Comment avoir pu rater toutes les déclarations des prétendues victimes à l’encontre du producteur Hoolywoodien? Impossible dans le monde actuel connecté !

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Harvey Weinstein n’a pas encore été condamné par la justice. Après son passage au tribunal le 05 juin 2018, il reste en liberté, moyennant un million de dollars de caution, le port d’un bracelet électronique et des déplacements limités aux Etats de New York et du Connecticut. Il fait également l’objet d’enquêtes criminelles à Los Angeles et Londres, mais New York est la seule juridiction où il ait été formellement inculpé à ce stade. Il a aussi été attaqué au civil par une dizaine de femmes et aurait humilié plus de 80 femmes au total voulant percer dans le milieu du cinéma.

Mais qu’est ce qu’on lui reproche?

De nombreuses femmes du milieu du cinéma accusent Harvey Weinstein de les avoir agressées et/ou harcelées sexuellement.

Tout commence le 5 octobre 2017, après la publication d’une enquête du New York Times. Harvey Weinstein aurait agressé et harcelé sexuellement des dizaines de femmes. Il aurait également acheté le silence de plusieurs d’entre elles qui l’accusaient (entre 80.000 et 150.000 USD). Les témoignages viennent des actrices connues comme Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie ou encore Asia Argento (qui est le sujet de l’article, soit dit en passant). Les faits remonteraient à plusieurs décennies et n’auraient jamais été dévoilés au grand public, car Weinstein aurait évité cela en payant les supposées victimes.

Suite à la publication de cette enquête, Weinstein demande pardon publiquement et annonce qu’il se met en congés tout en niant nombreuses de ces accusations.

Son « souhait » se réalise puisque trois jours plus tard, il est écarté de sa propre société (qu’il détient avec son frère) par le conseil d’administration.

Dès que le scandale éclate au grand jour, de nombreuses accusations pleuvent. De plus en plus de femmes « dévoilent » la vérité sur ce qu’elles auraient subi par Harvey au cours des presque 30 dernières années.

Le mouvement #MeToo devient de plus en plus populaire; un PHENOMENE. De nombreux témoignages sont partagés sur Twitter, le réseau social préféré des personnalités publiques. Alyssa Milano sera la première à lancer le mouvement (inventé à la base par Tatiana Burke) sur Twitter, en invitant les femmes à partager leurs agressions, viols et harcèlements :

Asia Argento, quant à elle, a décidé d’en parler dans le New York Times. Elle assure avoir été forcée par le grand producteur de cinéma Hollywoodien à lui pratiquer une fellation. Elle dit ne pas en avoir parler avant car elle était effrayée à l’idée de voir sa carrière être détruite par le producteur.

Asia Argento, l’une des premières victimes, accusée à son tour !

 

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Maintenant que « l’ambiance » du mouvement #MeToo et au plus grand scandale sexuel médiatisé de ses dernières années a été introduite, passons à notre véritable sujet :

Asia Argento !

Oui, l’une des premières « victimes » du producteur à être passée aux aveux est accusée d’agression sexuelle par le jeune acteur Jimmy Bennett.

Jimmy Bennett assure avoir subi un « rapport sexuel complet non voulu » à l’âge de 17 ans, en 2013. Il a dévoilé sa version des faits sur le plateau d’une émission italienne de la chaîne La 7. Il déclare que l’actrice italienne lui avait donné rendez-vous dans un hôtel et qu’à l’entrée de la chambre l’actrice l’aurait embrassé :

« J’ai d’abord pensé à un quelque chose d’amical, à une démonstration de son affection, mais ensuite ses baisers ont été plus prolongés et j’ai compris qu’elle cherchait autre chose »

a expliqué l’acteur aujourd’hui âgé de 22 ans, selon la traduction italienne de ses déclarations. Ensuite, il assure :

« elle a posé ses mains sur moi, m’a basculé sur le lit et a enlevé mon pantalon »

C’est à la suite de cela qu’un rapport sexuel complet aurait eu lieu.

Asia Argento, âgée de 22 ans de plus que Jimmy Bennett, nie tout d’abord ces accusations mais retourne ensuite celles-ci contre l’acteur. L’avocat de l’acteur déclare avoir demandé à l’actrice une somme d’argent. Selon le New York Times l’acteur aurait reçu un versement de 380 000 USD. Mais l’acteur et son avocat parle d’une somme de 200 000€.

Jimmy Bennett affirme également avoir cédé aux avances d’Asia Argento parce qu’elle lui avait parlé d’un film qu’elle voulait faire avec lui :

« J’avais une grande confiance en Asia (…) elle a abusé de son pouvoir ».

Jimmy s’est également expliqué sur son compte Instagram :

« Beaucoup de femmes et d’homme courageux ont parlé de leurs propres expériences pendant le mouvement #MeToo, et je reconnais le courage qu’il a fallu à chacun et chacune pour s’exprimer ainsi.

À la base, je n’ai pas parlé de mon histoire car j’ai choisi de la gérer en privé avec la personne qui m’a fait du mal. Mon traumatisme est remonté à la surface quand cette personne a parlé du fait qu’elle est, elle-même, une victime.

Je n’ai pas fait de déclaration publique ces derniers jours, ces dernières heures, car j’avais honte et j’avais peur de voir mon histoire discutée sur la place publique.

J’étais mineur au moment des faits, et j’ai essayé de voir justice rendue d’une façon qui me convenait à l’époque, car je n’étais pas prêt à gérer les conséquences de voir mon histoire sur la place publique.

À ce moment-là, je pensais qu’être un homme, dans cette situation, était toujours source de discrimination dans la société.

Je ne pensais pas que les gens comprendraient ces faits racontés et vécus par un adolescent.

Cette situation s’ajoute à la longue liste de choses que j’ai dû gérer dans ma vie, et je finirai par arriver à la surmonter.

J’aimerais dépasser ce point de ma vie, aujourd’hui je choisis d’aller de l’avant, et de sortir du silence. »

Jimmy Bennett et Asia Argento se connaissent depuis les premiers pas de Jimmy en tant qu’acteur. En effet, il a joué le fils de celle-ci dans à l’âge de 7 ans dans un des films d’Asia en tant que réalisatrice (et actrice du coup).

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Les deux acteurs ont depuis une relation « particulière« . Elle était devenue un mentor et figure maternelle pour Jimmy. Ils s’appelaient d’ailleurs « Mon fils » ou « Maman » dans des publications Instagram et Twitter.

Malgré cette relation mère-fils, une relation sexuelle a eu lieu en 2013 alors que Jimmy avait 17 ans (l’âge pour consentir à une relation sexuelle en Californie, là où les faits se sont déroulés, est de 18 ans). Asia, quant à elle, en avait 37.

« Mr Bennett, qui a un souci oculaire ne lui permettant pas de conduire, est arrivé ce matin-là dans la chambre d’hôtel de Mme Argento accompagné d’un membre de sa famille. […]

Mme Argento a demandé à cette personne de partir afin qu’elle reste seule avec l’acteur. Elle lui a donné de l’alcool et lui a montré des mots qu’elle lui avait écrits sur les feuilles fournies par l’hôtel.

Puis elle l’a embrassé, l’a renversé sur le lit, a retiré son pantalon et lui a fait une fellation. Elle est ensuite venue s’allonger sur lui et les deux ont eu un rapport sexuel.

Puis elle lui a demandé de prendre des photos. »

D’après le New York Times, l’accord des deux avocats des acteurs parlait bien d’un versement d’une somme en plusieurs fois et en échange, l’acteur, ne pouvait porter plainte ni diffuser des photos qui ont été prises ce soir là. Par contre, rien ne l’oblige de garder silence sur ces faits car en Californie il est illégal de demander un accord de confidentialité pour des faits de cette nature.

 

Pourquoi ces déclarations ne font-ils pas plus de bruit dans les médias?

Avoir présenté tout d’abord l’affaire Weinstein rapidement et de poursuivre par le cas d’Asia avait pour but de « comparer » les deux affaires.

Evidemment, Harvey est présenté dans les médias comme un #Porc, il a été accusé par de nombreuses femmes, il est donc logique que son affaire fasse plus de bruit. Mais d’un autre côté, l’affaire d’Asia démontre une certaine hypocrisie et nous invite à nous poser des questions sur la véracité des propos de cette dernière.

Le mouvement #MeToo n’en prendra sûrement pas un coup, car il a prit déjà trop d’ampleur, il a permis à pas mal de monde de se « confier« . Les supposées victimes ont pu se sentir plus à l’aise quant à la confession de leur situations. Si elles sentaient le besoin d’en parler et ne trouvaient pas le moyen ou avaient trop peur, le mouvement a été un coup de pouce. Il a probablement aussi servi à certaines personnes à se « venger » ou d’émettre de fausses accusations. Comme toujours, il y a certaines « fraudes« .

Ne nous voilons pas la face, beaucoup de femmes portent plainte et accusent, seulement ou entre autres, pour se venger ou « extorquer » de l’argent. C’est pour cela qu’il est juste impossible de croire quelqu’un qui accuse sur parole. On ne peut décider que quelqu’un est « coupable » sans preuves irréfutables. Il est également impossible de considérer une personne comme étant une victime juste car celle-ci a affirmé l’être, sinon cela ouvre la porte à trop de profits.

Dans la loi, les personnes accusées sont innocentes jusqu’à preuve du contraire, et heureusement. Cela n’empêche pas les gens d‘avoir leur avis, cela n’empêche pas d’ouvrir le débat. 

Mais revenons sur Asia. Elle qui est devenue la porte-parole des victimes d’agressions sexuelles et/ou de viols, elle qui prônait le dégoût envers le genre de personnes qui abusent de leur pouvoir. Comment ne pas faire plus de bruit sur ce retournement de situation? 

Si Asia a effectivement été victime de viol et qu’elle viole à son tour, comment peut-on la considérer? Peut être qu’Harvey, dans son enfance et/ou adolescence a pu être traumatisé également.. Qui sait?

Pourquoi on ne parle pas d’elle avec dégoût? Les médias relatent les faits en essayant de rester impartial sûrement, mais ne l’étaient pas dans l’histoire de Weinstein.

Est ce qu’un viol d’une femme sur un homme, est moins grave? Sûrement pas. Il est probablement plus rare, on peut se l’avouer. Et encore, je pense que les hommes ont encore plus de mal de parler de leurs agressions que les femmes. La société trouve cela tellement peu banal, qu’elle a du mal à croire qu’un garçon/homme n’ait pas consenti à ce genre de relation. On le remarque d’ailleurs sur les avis des faits comme les professeures qui entament des relations sexuelles avec leur élèves. Les hommes réagissent souvent en disant « Ah moi, dans sa situation, j’aurai été content qu’elle me fasse des avances » ou « J’aurai sauté sur l’occasion ». C’est peut-être vrai, mais cela démontre quand même une certaine honte de l’homme à parler de la femme qui domine celui-ci, qui l’oblige, qui profite de lui physiquement. Et malheureusement, nous ne voyons pas les femmes défendre les hommes dans ce genre de situations. Etrangement, le féminisme qui est censé représenter une égalité des deux sexes dans la loi et la justice, ne vient que trop peu au secours de ces hommes violés ou agressés.

Beaucoup de femmes se disant pour l’égalité des sexes vont taire les avis ou propos des hommes sur des sujets féministes. Comment peut-on vouloir une égalité tout en taisant les propos de la moitié de la population juste parce à ce moment là, « cela ne les concerne pas » sois disant?

Cela relance également le débat sur le féminisme et ses courants plus ou moins « déviants ». En effet à force d’entendre des « Oh pauvre petit homme qui souffre! » à longueur de journée quand un homme se confie sur les problèmes qu’il peut avoir, ou quand un homme parle d’injustice envers lui même ou les hommes en général, on ne peut que se poser la question, le féminisme prône-t-il vraiment l’égalité? Ou l’égalité quand on en a envie et quand cela nous chante? 

A mon humble avis, l’égalité dans les salaires (pour les mêmes fonctions), dans la justice et dans la loi, se doit d’être. Mais l’égalité est impossible entre les deux sexes, nous sommes biologiquement, historiquement et culturellement différents. Il faut juste assumer ce qui est. Ne pas accuser les hommes de tous les maux du monde et les tenir responsables de tout dès qu’il y a une déclaration à leur encontre serait déjà un premier pas. 

Avancer dans l’éducation des enfants également : 

  • Arrêter d’apprendre à nos petites filles qu’elles sont des princesses, de leur parler que de leur beauté ou que de ce qu’elles méritent en tant que femme.
  • Arrêter d’apprendre à nos garçons qu’ils ne doivent pas lever la main sur les filles, mais qu’ils ne doivent lever la main sur personne.
  • Apprendre également aux filles, qu’elles ne peuvent pas non plus se sentir autorisées à lever la main, à agresser tout en pensant que c’est normal. Leur apprendre que si elles veulent obtenir quelque chose dans la vie, qu’elles doivent se donner la peine d’essayer, d’échouer et de recommencer comme on le fait pour les garçons.
  • Apprendre aux garçons qu’ils ont aussi le droit de dire non, et que le non est catégorique.

Apprendre à ne pas forcer la main aux gens mais apprendre à communiquer, à essayer de comprendre l’autre. 

Et vous? Que pensez vous de cette affaire? Est-elle assez médiatisée? Est-elle assez mise en avant? Parle-t-on assez des conséquences d’une personne se présentant comme une victime et niant par la suite sa responsabilité dans une affaire très semblable?

 

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